Le loup : entre mythes, idées reçues et désinformation

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Canis lupus de son nom scientifique, le loup déchaine les passions. La votation suisse du 27 septembre prochain, portant sur la modification de la loi sur la chasse, vient remettre le canidé sur le devant de la scène. Actuellement, les cantons ne peuvent autoriser les tirs d’individus isolés que s’ils causent des dégâts importants. Il en est de même dans les meutes. Par dégâts importants, entendez la prédation sur nos animaux de « rente ». Si la modification de la loi est acceptée, les cantons pourront autoriser les tirs préventifs, avant que des dégâts ne surviennent, que cela concerne les individus solitaires ou les meutes. 

« la loi révisée sur la chasse permettra aux cantons d’agir à temps avant que des dégâts ne surviennent. Les gardes-chasse pourront tirer des individus isolés qui ont perdu leur caractère farouche. Ils pourront abattre des loups vivant dans une meute avant que des dégâts ne surviennent. Les autres loups apprendront ainsi à garder leurs distances ».

Sources ici

Feu à volonté…

Le gouvernement a créé un package fourre-tout avec son projet de loi. Pour préserver les lynx, les castors, les hérons et les harles bièvres, mais aussi pour créer les infrastructures permettant le déconfinement de la faune (dont le canard sauvage profitera grâce à des ponts : si si, ils ont osé), il faudra accepter de flinguer des loups. Si le conseil fédéral a rejeté les interventions dans les populations de ces animaux qu’en sera-t-il dans 5, 10 ou 20 ans, lorsque je ne sais quel lobby décrètera unilatéralement sans aucun fondement scientifique que ces espèces sont « nuisibles » ? Le gouvernement pourra les inscrire sur la liste des espèces pouvant être « régulées » à tout moment sans que personne n’ait son mot à dire. Pour accepter quelques menues avancées pour la biodiversité, il faut également donner son accord pour de graves régressions. Ce projet de loi est un chantage, à peine dissimulé, dans lequel les citoyens et citoyennes sont pris en étaux. Vous voulez protéger la biodiversité alors acceptez que nous allons flinguer les loups et probablement d’autres espèces dans un avenir proche. De quel esprit étroit, de quel bureaucrate incompétent ou à la solde des lobbies de la chasse et de l’élevage, ce raisonnement sort-il ?

Intéressons-nous au loup de plus prêt

À travers les siècles, le loup a occupé une place importante dans l’inconscient collectif. Être puissant, majestueux et symbole de la vie sauvage pour quelques personnes. Animal vil, sournois et sanguinaire pour beaucoup d’autres, le canidé ne laisse jamais indifférent. Cette représentation négative s’est ancrée sous nos contrées et les comptes et légendes font la part belle à cette image du loup. 

Originellement, l’animal était présent dans toute l’Europe. Avec l’arrivée des armes à feu, la chasse intensive a mené ses proies naturelles, principalement des ongulés, au bord de l’extinction. Sa subsistance quasi disparue, le loup, animé par son instinct de survie, n’a pas eu d’autre choix que de se rabattre sur le bétail des humains. Précisément ceux qui l’ont privé de sa nourriture en chassant les animaux dont il se sustentait et en empiétant sur son territoire pour élever moutons, vaches et chèvres exacerbant ainsi la concurrence et la haine d’Homo sapiens envers Canis lupus. La boucle était bouclée et le sort du prédateur scellé. Cette concurrence fut totalement déloyale. Le loup a été chassé et éradiqué depuis le moyen-âge jusqu’au 19e, siècle dans lequel il a disparu de nos paysages dans sa seconde moitié. La seule réponse aux erreurs humaines, la surexploitation de la nature dans cet exemple, a été l’éradication pure et simple d’une énième espèce. Nous avons répondu à nos destructions par la destruction. 

Le discours ambiant ne change pas au 21e siècle. Cette représentation moyenâgeuse, ces peurs viscérales, subsiste malgré l’avènement d’internet, des smartphones et du divertissement en libre service. Ce monde dans lequel les opinions ont plus de poids que les faits. Opinions que tout un chacun peut déverser comme des vérités péremptoires sur les réseaux sociaux. Gare à celles et ceux qui osent s’y opposer. Pour éviter les « conflits » avec le loup, pour reprendre la rhétorique du gouvernement, terme qui prêterait à sourire si le sujet n’était pas aussi grave, la seule alternative est l’abatage. L’humain doit bien évidemment rester le seul être qui a droit de vie et de mort sur le reste du vivant. 

Quelques loups ont survécu au massacre, dans les Abruzzes en Italie. Quasi éteint dans les années 70, le pays a pris des dispositions légales pour protéger le prédateur. Jusqu’alors, quiconque croisait l’animal pouvait le tuer de la façon qu’il jugeait adéquate en toute légalité. Les survivants se sont alors dispersés et ont atteint la France au début des années 90. En 1995, les premiers mâles solitaires atteignirent la Suisse. Dans les années 2000, les premières femelles arrivèrent et en 2012, une d’entre elles s’accoupla formant la première meute depuis 150 ans dans le pays. Aujourd’hui, entre 200 et 300 loups peuplent à nouveau les Alpes. En Suisse, il y aurait environ 77 individus répartis dans 8 meutes, quelques couples et spécimens isolés. Le loup a fait son grand retour et c’est une bonne nouvelle n’en déplaise à quelques corporations. Ces amoureux de la nature qui l’apprécie surtout avec une série de 0 sur leur compte en banque, ou lorsqu’elle est alignée avec la hausse et le guidon d’un fusil (sources : groupe loup suisse, Kora, DETEC).

Pourquoi le retour du loup est-il une bonne nouvelle ?

Pour ses détracteurs, le loup serait une calamité pour son environnement. Il massacrerait les populations d’ongulés sauvages et autres espèces qu’il mènerait à l’extinction totale si on le laissait faire. Selon ces personnes, laisser le prédateur revenir dans nos contrées provoquerait immanquablement une érosion des populations d’herbivores sauvages et autres animaux. C’est précisément une de ces opinions fondées sur les seules vues de l’esprit de quelques énervés de la gâchette capables de faire beaucoup de bruit. Le canidé est aussi décrié, car il décimerait le bétail.

« Le loup a apporté des bienfaits quasi miraculeux dans son écosystème. Non pas qu’il soit un animal divin, mais simplement qu’il est la clé de voute des processus biologiques en action dans son réseau trophique. » 

Ces propos sont ridicules et vont à l’encontre des observations faites par les spécialistes à travers le monde. Là où il y a le loup, il y a de la vie. La seule espèce responsable de l’érosion de la biodiversité n’est pas le loup, mais l’humain. Tout d’abord, le loup a bien un impact sur son réseau trophique. Un impact qui s’apparente à un miracle. Les 14 individus réintroduits dans le parc de Yellowstone en 1995 ont provoqué des effets positifs jusque dans les rivières. C’est ce que les biologistes appellent la cascade trophique. Les prédateurs ont d’abord fait baisser la population de cerf qui pullulait et avaient provoqué des dégâts sur la végétation malgré les efforts de chasse, humaine, pour les « réguler ». Les ongulés ont changé de comportement, évitant les zones où ils pouvaient être chassés facilement. Leur absence dans ces zones a permis à la végétation de se régénérer. Peupliers, saules et diverses essences ont pu pousser. Avec ces arbres et buissons, les populations d’insectes et la production de baie ont augmenté. Cela a fourni  nourriture et abris pour diverses espèces d’oiseaux qui ont recolonisé le parc. La population croissante d’arbre a permis le retour du castor qui avait totalement disparu de la région. Leurs barrages ont constitué des biotopes qui ont attiré loutre, rat musqué et divers reptiles. La présence du loup a également fait diminuer la population de coyotes. Ce faisant, les populations de lapins, souris et autres rongeurs ont augmenté, attirant à leur tour renard, belette, blaireaux et faucons. J’expliquais que le loup a modifié positivement son écosystème jusque dans les rivières. Cela est possible grâce à un meilleur équilibre entre les prédateurs et les proies qui a favorisé le retour d’autres espèces et donc une plus grande diversité. Les végétaux ont réduit l’érosion stabilisant les berges des cours d’eau. Les canaux se sont rétrécis favorisant un plus grand nombre de bassins naturels. Les cours plus stables ont également eu des effets positifs sur les espèces aquatiques. Même les populations de pygargue à tête blanche, ou aigle pêcheur, ainsi que de bisons ont augmenté ! (sources : Trophic cascades in Yellowstone: The first 15 years after wolf reintroduction. Biological conservation). Le loup a apporté des bienfaits quasi miraculeux dans son écosystème. Non pas qu’il soit un animal divin, mais simplement qu’il est la clé de voute des processus biologiques en action dans son réseau trophique. Ces chaînes fragiles que nous devons respecter et dans lesquelles, chaque maillon à une importance clé. Cette fameuse interdépendance entre les espèces dont je parlais dans mon précédent article. L’exemple du loup en est une parfaite illustration. Supprimer les prédateurs de leurs écosystèmes c’est compromettre toute la biodiversité. Nous devons comprendre cela rapidement surtout lorsque l’on milite pour une loi censée préserver la biodiversité et qui fait la part belle à la destruction, l’ignorance et la désinformation. Une loi qui va mettre, une fois de plus, Homo sapiens sur son piédestal comme seule espèce gardienne de la biodiversité, qui se veut la seule ayant le droit de chasser. Cette espèce qui veut se garder le privilège du frisson de la traque et du plaisir jubilatoire de tuer. Tous les frondeurs n’ont qu’à bien se tenir s’ils ne veulent pas connaître le plomb.

Le loup aurait également des effets positifs dans nos contrées. Il assure sur le long terme la vitalité et la bonne santé des espèces de son réseau trophique. Sa présence permet une meilleure occupation du territoire par ses proies, les ongulés, pour qui il est un facteur de sélection. Il permet une véritable régulation qui ne signifie pas moins d’une espèce, mais une plus grande diversité d’espèces, facteur indispensable pour une résilience des écosystèmes face aux perturbations de tout genre dont le genre humain est malheureusement trop souvent responsable.

« L’expérience de Yellowstone démontre d’une part que le prédateur à un impact positif sur son environnement, d’autres parts que la chasse humaine, la fameuse « régulation », ne fonctionne pas. »

L’expérience de Yellowstone démontre d’une part que le prédateur à un impact positif sur son environnement, d’autres parts que la chasse humaine, la fameuse « régulation », ne fonctionne pas. Là où le loup dope la biodiversité et l’évolution, l’humain la stoppe net. Eh oui, mesdames et messieurs, chasseurs et chasseresse, vous êtes infiniment moins doué.e.s que le canidé. Peut-être que ce fait heurte vos égos et attise cette haine pour ce prédateur au-delà du fait qu’il risque effectivement de vous priver d’une bonne partie de vos trophées. Postulant que la chasse est uniquement là pour « réguler », cela ne devrait pourtant pas être un problème. Rien à réguler, rien à chasser, logique. D’ailleurs, pour ceux qui craignent une explosion des populations de loups, le prédateur a cette faculté à autoréguler sa population en fonction des proies à sa disposition dans son environnement. Encore un domaine dans lequel il est plus doué que nous.

Et les attaques du loup sur le bétail ?

« environs 2.02 % des moutons périssent en estive soit environ 4200 têtes, essentiellement suite à des chutes, des éboulements, à la foudre, au manque d’eau ou de nourriture, au froid et aux maladies. Dans certaines de ces causes, la faute de l’éleveur est directement engagée ce qui n’émeut une fois de plus personne. »

Le loup est également accusé de massacrer les troupeaux de moutons et chèvres domestiques. S’il est vrai que cela arrive, et que c’est regrettable, la cause est à chercher une fois plus du côté d’Homo sapiens. Nous occupons la moindre niche écologique, la moindre parcelle de terre, de montage et de forêt, souvent pour y élever des animaux destinés à notre consommation mais aussi pour nous loger et nous divertir. Nous empiétons sur les territoires originels du loup et de ce fait participons à la réduction des populations de ses proies naturelles et de ses espaces. Que feriez-vous si votre voisin vous chassait de votre maison et en prime vous privait de nourriture ? Quant aux animaux de « rente » tués, il ne représente qu’une infime partie des pertes subie par les éleveurs. Selon les chiffres d’une étude de 2012 diligentée par Agridea, environs 2.02 % des moutons périssent en estive soit environ 4200 têtes, essentiellement suite à des chutes, des éboulements, à la foudre, au manque d’eau ou de nourriture, au froid et aux maladies (voir aussi article du temps). Dans certaines de ces causes, la faute de l’éleveur est directement engagée ce qui n’émeut une fois de plus personne. En ce qui concerne le grand prédateur, depuis une dizaine d’années, le nombre d’attaque s’est stabilisé entre 200 et 500 en Suisse. Nous sommes bien loin de l’hécatombe annoncée par les anti-loups si l’on met ces chiffres en relation avec les pertes estivales globales. En 2019, 7 à 9 meutes vivaient en Suisse totalisant un peu moins 80 individus. Un total d’environ 400 animaux de ferme ont été tués. Par rapport à 2009, le nombre de loups a été multiplié par dix, tandis que le nombre d’animaux de « rente » est resté stable. En outre, les données de plusieurs cantons montrent que les troupeaux de moutons bénéficiant de mesures de protection des troupeaux sont attaqués nettement moins fréquemment que ceux qui n’en bénéficient pas et que le nombre d’animaux tués pour chaque attaque qui se produit est nettement inférieur. Autrement dit, la plupart des attaques surviennent sur des troupeaux non protégés.

Evolution du nombre de bêtes tuées par individu vivant en Suisse entre 1999 et 2019. Source : Groupe Loup Suisse.

« La rémunération semble faire mieux passer la pilule de la mort programmée de ces animaux et faire disparaître les émotions liées à leur mort par prédation. »

En France, il y a en moyenne 12’000  cas recensés de moutons tués directement ou indirectement par les grands prédateurs par an (chiffres à pondérer pour 2019 n’étant pas encore actualisés). En parallèle, l’association pays de l’ours estime qu’environ 750’000 individus meurent dans l’hexagone chaque année soit 2000 chaque jours. Les causes invoquées sont également les maladies, les parasites, les accidents et la  foudre. Selon webagri, le quotidien des éleveurs, la filière ovine connaît un taux de mortalité de 16% de ses agneaux, sans marge de progrès. Le loup ne fait pas parties des causes invoquées contrairement au manque d’hygiène et de vaccination. Les éleveurs s’offusquent à l’idée que leur bêtes soient attaquées mais oublient que toutes, sans exception, n’iront pas au bout de leur espérance de vie naturelle et finiront effrayées dans les couloirs sordides d’un abattoir. La rémunération semble faire mieux passer la pilule de la mort programmée de ces animaux et faire disparaître les émotions liées à leur mort par prédation. Lorsqu’il s’agit d’une attaque, cela attise haine et colère. Lorsque c’est une vente à l’abattoir ou un décès par négligence, une fois de plus, peu d’émotions pourtant le résultat est le même (pour le mouton). Le loup, lui, ignore les concepts de propriété et d’argent. En conclusion, les grands prédateurs ne joue qu’un rôle mineur dans les pertes subies par les éleveurs mais une fois de plus personne n’en parle ou ne s’en émeut. L’omission serait-elle volontaire ? Financièrement, il vaut mieux perdre un mouton par les crocs du loup que pour une maladie, un accident et qui plus est d’une négligence. Il est également plus facile d’invoquer le loup que ses propres manquements…

Un autre fait est également intéressant. Il existe plusieurs indications fondées selon lesquelles les loups qui s’attaquent d’abord au bétail non protégé ont plus de chances de passer à l’acte sur les troupeaux sous bonne garde. Les loups ne sont pas nés avec la connaissance du concept de protection des troupeaux, ils doivent l’apprendre. Les objets d’apprentissage sont donc des troupeaux non protégés, ce qui rend le processus d’apprentissage possible. Une sorte de conditionnement s’opère grâce aux troupeaux non gardés. Ainsi, les éleveurs qui ne protègent pas leurs animaux mettent en danger non seulement leurs propres bêtes, mais ils exposent également les animaux protégés, de celles et ceux qui jouent le jeu, à un danger accru. Sources ici.

Je me dois également de revenir sur un des propos mis en exergue plus haut : « Ils (les cantons par leurs gardes-chasse) pourront abattre des loups vivant dans une meute avant que des dégâts ne surviennent. Les autres loups apprendront ainsi à garder leurs distances ».

« Abattre des individus dans les meutes compromet la sécurité des troupeaux et aggrave donc le problème de coexistence entre loups et éleveurs. »

Ces propos sont une hérésie qui démontre un cruel manque de connaissance de l’animal. Abattre un ou plusieurs individus d’une meute mettra précisément les animaux de « rente » en danger. Le loup est une espèce grégaire par excellence qui vit en groupe familial aux structures hiérarchiques très structurées. Les structures sociales des meutes, mais également la communication entre ses membres, sont très complexes. Ces animaux sont capables de coopérer de façon étonnante comme le démontre le documentaire «  ce que ressentent les animaux ». La vie en famille permet de chasser des proies de plus grande taille et d’offrir une chance de survie plus élevée aux louveteaux puisque chaque membre participe à l’éducation des jeunes. Cette structure sociale permet à la meute d’occuper un territoire qui offre assez de gibier pour nourrir le groupe et des lieux de refuges en nombre suffisant. La coopération entre les membres d’une meute est importante dans l’exercice de la chasse dans lequel chaque individu à un rôle clé. Dès lors, supprimer un membre de la famille affaiblit le groupe. Une meute affaiblie sera potentiellement moins efficace pour trouver sa subsistance et devra se tourner vers des proies plus faciles. Nos moutons et chèvres d’élevage, de préférence non gardés, deviennent donc une cible de choix. Abattre des individus dans les meutes compromet la sécurité des troupeaux et aggrave donc le problème de coexistence entre loups et éleveurs. Les tirs « préventifs » déstabilisent également la hiérarchie des groupes initiant par exemple une concurrence pour le statut des mâles alpha, lorsque ces derniers sont tués, ce qui peut amener à des dispersions. De plus, pour qui nous prenons nous pour avoir la prétention d’apprendre au loup ce qu’il doit faire, lui qui s’est débrouillé sans l’humain pendant des millénaires ? 

Pour conclure, si vous désirez un monde dans lequel l’humain peut disposer du vivant à sa guise, définir qui possède le droit de vie et de mort, se divertir en tuant, façonner une nature artificielle, socialement construite et ethnocentrée. Un monde dans lequel la suprématie de ce bipède arrogant, prétentieux et égoïste doit rester indiscutable, alors votez oui à cette loi. En revanche, si votre souci est la biodiversité, la vie, une nature libre et épanouie, des humains qui reprennent une place plus juste dans le règne animal, c’est bien évidemment un NON qu’il faudra glisser dans l’urne le 27 septembre. Le cas échéant, il faudra relancer la machine politique pour que de vraies mesures soient prises pour la biodiversité, indépendantes les unes des autres, et non dans un ramassis de bêtises mélangeant chasse, protection de la biodiversité et agriculture. Les questions de mesures de protection des troupeaux, qui devront devenir obligatoires, les aides financières pour leur mise en œuvre, mais également les subventions pour les éleveurs qui renonceraient à élever du bétail sur les terres du loup, ou se reconvertiraient à des modes de production végétale devront être abordées. Une mise en œuvre d’infrastructure permettant le décloisonnement de la faune et le réensauvegement devra être également mise à l’ordre du jour. Les espèces protégées quant à elle devront le rester et les tirs demeurer l’exception dans des cas extrêmes. En Suisse, la transformation du paysage, l’uniformisation du territoire, la perte de dynamique naturelle et la destruction des milieux ont conduit à une constante érosion de la biodiversité. Malgré quelques succès, l’état général de cette biodiversité est mauvais. Le retour du loup, aussi fragile soit-il, est, je le répète, une chance et doit être considéré comme un succès pour la biodiversité. 

Longue vie aux loups et merci pour la visite…

Références

Arte. (2016). Ce que ressentent les animaux.

ATS. (2012). 98 moutons sur 100 survivent dans les alpages helvétiques. Le Temps .

Conseil fédéral. (2020). Votation populaire du 27 septembre 2020. Récupéré sur Conseil fédéral, portail du Gouvernement suisse : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/votations/20200927.html

DETEC. (2019). Le loup en Suisse. Récupéré sur Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication DETEC: https://www.uvek.admin.ch/uvek/fr/home/detec/votations/loi-sur-la-chasse/le-loup-en-suisse.html

DREAL. (2019). Données sur les dommages : comparatif 2017-2018-2019. Récupéré sur Direction générale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Auvergne Rhône-Alpes: http://www.auvergne-rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/20200327_donnees_dommages_2019.pdf

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Groupe Loup Suisse. (2017). L’histoire du loup en Suisse. Récupéré sur Groupe Loup Suisse: https://www.gruppe-wolf.ch/fr/Histoire.htm

KORA. (2019). Monitoring. Récupéré sur KORA, écologie des carnivores et gestion de la faune sauvage: https://www.kora.ch/index.php?id=90&L=2

Pays de l’Ours – Adet. (2012). La mortalité des brebis dans les Pyrénées et l’incidence de l’ours brun. Arbas.

Rippl, W. J., & Beschta, R. L. (2012, janvier). Trophic cascades in Yellowstone: The first 15 years after wolf reintroduction. Biological conservation , 145 (1), pp. 205-213.

Vergonjeanne, R. (2012). Mortalité des agneaux 16 % en moyenne avec peu de marges de progrès. Récupéré sur Web-Agri, le quotidien de l’éleveur: http://www.web-agri.fr/conduite-elevage/sante-animale/article/16-en-moyenne-avec-peu-de-marges-de-progres-1184-80131.htmlWerder, C. (2012). Pertes de moutons durant l’estivage. Récupéré sur Alpfutur: http://www.alpfutur.ch/src/2012_schafalp_pertes.pdf

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